Inside Shanghaï #2
Grosse balade dans Shanghaï aujourd'hui, en commencant par Qipu Lu (prononcez tchipou lou), un des nombreux "copy market" de la ville. Pour y arriver je quitte la place du peuple, je franchis la rivière Wusong (rassurez-vous il y a un pont), je coupe à droite pour traverser un marché traditionnel. Des canards comptent leurs dernières minutes, des concombres géants cotoient des stands de trucs visqueux (grenouilles, anguilles, ...), certains vendent même des boules de musc ainsi que les pattes du pauvre bestiau (je suppose).
Quelques mètres plus tard les maisons du début du siècle font place au nouveau Qipu Lu. Sur plus d'un kilomètre de grands immeubles de plusieurs étages sont remplis d'innombrables boutiques de quelques mètres carrés, où on peut trouver toutes sortes de vêtements (plutôt basiques), mais aussi des sacs et montres contrefaits. Les propriétaires de boutiques qui sillonent la rue à la recherche de pigeons occidentaux en scandant "Watch or bag ?". La première fois je comprends "Watch your back" et m'inquiète pour mon arrière train. Après inspection rien à signaler pourtant à priori, il doit parler de mon sac à dos ? (back-pack). Puis en repassant devant un vendeur à qui j'avais dit non (enfin, no), "Whatch, you're back !", signe victorieux d'un gars qui avait prédit que je reviendrait car il est le moins cher. Je finis par me dire que ça doit être "Watch your bucks" en fait (fais gaffe à tes sous, sous entendu fais gaffe ou tu achètes, moi je suis moins cher qu'ailleurs) afin de comprendre le fin mot de l'histoire lorsque l'un des commerciaux me montre un prospectus de sacs et de montres en prononçant la phrase fatidique. Ok, heureusement que personne ne m'accompagne, j'aurais trop la honte.
Mais les sacs et montres ne m'intéressent pas, je n'ai pas trouvé de boutique nommées "South Face" ou "Prono", et puis je n'ai pas envie d'avoir de problème avec la douane en rentrant de toutes façons. Je reprends donc la route en direction du nord pour aller découvrir le parc Luxun. On est samedi, il fait beau, le parc est bondé (de chinois, pas un occidental à l'horizon). Je m'approche d'un groupe de 100 ou 200 personnes qui chantent à tue-tête des textes révolutionnaires, ça m'impressionne autant que les p'tits soldats à la croix de bois de l'armée rouge corse (les muvrinis si je ne dis pas de bêtise ;-) Un peu plus loin sur un lac, des enfants courent sur l'eau dans de grosses boules gonflables, sous les rires de leurs parents.
Malgré la chaleur humide je prends mon courage à deux mains et décide de faire le tour du lac. Une mamie tricote en profitant de l'ombre, de jeunes mariés posent pour la postérité pendant que des pères de famille se prennent pour des capitaines d'un jour. D'autres préfèrent jouer aux cartes, karaoker (le verbe n'existe peut-être pas mais vous avez compris), faire des bulles de savon, emmener leur fils à la pêche.
Sur une petite butte ombragée, quelques dizaines d'oiseaux profitent de la bienveillance de leur propriétaire pour prendre l'air une heure ou deux. Plus bas le badminton a ses émules, un érudit improvise une calligraphie éphémère. On danse aussi, tout près des bouées tamponeuses.
Mais le clou de la matinée (et la justification de cet article) reste le caillou qui parle. Planté au milieu de nulle part, il donne des directives ou annonce peut-être la météo du lendemain, allez savoir ... (cliquez pour le voir en Flash ou en quicktime H264)
A suivre !























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